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(Lundi de Pâques à La Chapelle et à Croc Parc, Sortie chez Joseph Damour, Visite du Domaine de Palmahoutoff, Les Jardins de Manapany)

 

 

        Lundi de Pâques à la Chapelle

                   et à Croc Parc

 

Par Jean-Marc BURGLIN

 

 

 

Après une semaine de pluies dues à la tempête tropicale Jade, pourtant restée à distance respectable de la Réunion, c'est avec le soleil que nous nous retrouvons lundi de Pâques 13 avril 2009 à Maniron pour visiter le jardin de Christine et Bernard MARTZ qui exploitent la pépinière de palmiers de la Chapelle.

 

Le terrain qui s’étend sur plus d'un hectare est situé en milieu chaud et sec à environ trente mètres au dessus du niveau de la mer, celle-ci étant distante de deux ou trois kilomètres. Bernard qui aménage sa propriété depuis 20 ans va nous guider à travers son domaine et nous montrer toutes ses compétences de professionnel en présentant ses plantations de Palmiers de variétés très nombreuses et dont je ne citerai que quelques uns des plus beaux spécimens ! Ici, la lutte raisonnée contre parasites et maladies est une priorité, la lutte chimique étant limitée à deux ou trois traitements lourds indispensables par an, notamment contre les aleurodes.

 

Au commencement de la visite, près de la pépinière, Bernard nous propose d'observer la fructification orange vif d'Arenga engleriaren de Taïwan, un palmier buissonnant de sous-bois humide planté à l'ombre et cousin du palmier à sucre. Les fruits à chair riche en oxalates de calcium sous forme d'aiguilles acérées sont très urticants. Un Pseudophoenix sargentii qui n'a rien à voir avec la famille des Phoenix témoigne de la passion de notre guide pour les palmiers de Cuba avec également le célèbre Palmier royal Roystonea regia visible au loin alors que près de nous se dresse R. venezuelana avec un stipe plus renflé à mi-hauteur. Madagascar n'est pas en reste avec un joli palmier trièdre Dypsis decaryi et un spectaculaire Bismarkia nobilis aux larges feuilles bleutées, si raides qu'elles ne s’écartent pas facilement sur notre passage !

 

Le long de l’allée qui conduit à la case de nombreuses espèces de palmiers sont facilement identifiables pour les non initiés grâce à des ardoises fixées au pied des stipes et sur lesquelles ont été peints les noms en gros caractères. Les photos des sujets n’en seront que plus parlantes, en plus des explications et conseils de culture dispensés par Bernard. Quant à Christine, elle a déjà préparé thé, café, tarte aux fruits, cake et fruits sur la terrasse de leur très belle case en bois. D'excellentes dattes Deglet Nour et Mehjoul à chair demi-molle bien sucrée nous rapprochent de manière gustative des palmiers, avant la poursuite de notre visite.

 

Un Brahea armata (car armé d'épines) appelé aussi palmier bleu en raison de la couleur bleutée de ses feuilles apparaît entre les rideaux malgaches du jacuzzi où l'eau est chauffée grâce à un système simple et économique. Un simple tuyau d'eau est enroulé au soleil sur une armature métallique près du sol ou posé sur du sable, et l'eau chaude est ensuite pompée pour être mélangée à l'eau froide...

 

Devant la maison, non loin de bassins où vivent plantes aquatiques et poissons, Bernard nous présente sa collection en pots de 9 variétés de palmiers Licuala dont L. peltata var. sumawongii à feuilles rondes, et d'autres à feuilles divisées dont le très rare cultivar de L. mattanensis aux feuilles panachées, vert sombre et vert clair, et dont la culture est très délicate.

 

 

Certaines de ces espèces gagnent à rester en pots pour davantage d'esthétique. En pots ou en terre les palmiers sont regroupés par genres dans le jardin, et le préféré de Bernard est le genre Coccothrinax, qui comprend 49 espèces présentes aux Antilles et surtout à Cuba, dont C. argentea qu'il nous fait remarquer pour ses belles feuilles à reflets argentés.

 

Kerriodoxa elegans le palmier éléphant blanc de Thaïlande a des feuilles pouvant atteindre deux mètres de diamètre ayant la particularité d'être blanches comme de la craie dessous alors que le dessus est vert foncé. Plus étonnant encore, le Palmier liane Desmoncus orthacanthos, équivalent américain du rotin a de jeunes pinnules semblables à des crochets tournés vers l’arrière pour s'accrocher dans la végétation. En grandissant, les feuilles s’élargissent, poussant perpendiculairement à la longue tige partie à l'assaut des arbres avoisinants. De nombreuses épines dressées dans tous les sens protègent efficacement la plante. Quant aux épines longues et acérées de l'Astrocaryum alatum elles pourraient efficacement faire office de cure-dents maison.

 

Bernard, très sensible à la protection de la planète, montre un bel exemplaire de palmier à huile Elaeis guineensis dont la mise en culture intensive dans certaines contrées du monde participe à la déforestation à grande échelle. Non loin d'un superbe Joe Palm des fructifications aux formes étonnantes attirent nos regards ; il s’agit de celles de Pinanga coronata à bouquets rouges et petits fruits noirs, et de Pinanga caesiades Célèbes également, dont l’infrutescence en forme de langue blanche se divise ensuite pour donner de belles grappes de fruits rouges.

 

 

Un palmier des Everglades, Acoelorrhaphe wrightii se porte plutôt bien malgré l'absence de terrain marécageux, se contentant d’un simple arrosage sur sol sec. Par contre des espèces rares malgaches se sont malheureusement desséchées après la tentative de trop raisonner l'apport en eau... Les Zamias, plantes ornementales remarquables, sont dioïques mais un seul plant mâle permet la fécondation par dépôt de pollen sur les fleurs femelles. Le Dioon de la même famille des Zamiacées, ressemblant à un palmier, possède les spermatozoïdes les plus grands de tout le monde vivant, 0,3 mm. Les sagous de la famille des Cycadaceae à l'aspect de palmiers également ont une fructification remarquable, si les plants ne sont pas décimés par les chenilles de papillons... Regroupés en collection mais de croissance très lente, des Copernicia dont C. macroglossa aux feuilles poussant en spirale présentent des stries aussi photogéniques que leurs admiratrices... Chez Wallichia disticha de l'Himalaya, outre les feuilles disposées sur deux rangs opposés, ce sont les lignes harmonieuses des fibres recouvrant le stipe qui font le bonheur du photographe. Chamaedorea adscendens, palmier nain des forêts d'Amérique, a des feuilles au toucher de velours, sa fructification est rare et elle est donc très attendue par Bernard. Un cocotier de variété PB121, un peu trop loin de la mer, est sérieusement infesté par les cochenilles, et ses besoins en eau, même saumâtre près de la surface du sol, ne sont guère satisfaits dans ce milieu sec.

 

 

En passant devant de beaux spécimens de Washingtonia filifera aux feuilles à longs fils cotonneux blancs on arrive à la partie du jardin nouvellement défrichée pour la plantation de palmiers et baobabs malgaches de plusieurs espèces. La visite s’achève près de la case et notre guide, si compétent et si passionnant à écouter nous propose un apéritif sous la varangue. Les discussions se poursuivent autour de boissons, avec et sans alcool, et de biscuits salés. Bernard insiste sur le rôle bénéfique des fourmis nettoyeuses pour tout ce qui tombe au sol dans une maison et nous fait goûter aux feuilles subtilement sucrées de son plant de Stevia rebaudiana. Sa culture, si elle était développée, ferait forte concurrence aux lobbies des édulcorants, son sucre étant tout à fait naturel, de surcroît sans effets secondaires, et obtenu directement pas dessiccation de feuilles.

 

(voir autre visite de la pépinière de la Chapelle page 16)


 

Bernard MARTZ devant un Pandanus à grandes racines échassesReunion-suite4-2009-2275.JPG

 

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Roystonea venezuelana

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Belle infrutescence de couleur orange vif d'Arenga engleri

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Palmier trièdre Dypsis decaryi

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Crysophila warscewiczii

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Fruits du palmier à huile Eleais guineensis

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Vue sur le jardin avec un magnifique Bismarckia nobilis

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Case en bois ceinturée par la végétation tropicale, à droite des multipliants Dypsis lutescens

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Licuala sp.

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Kerriodoxa elegans au dessous des palmes argentées

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La fragile et éphémère inflorescence du rare Pinanga caesia

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Jeune feuille de palmier naissante aux dessins géométriques

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Collection de Copernicia 

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Le plissage caractéristique des segments de la feuille de Copernicia macroglossa 

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Washingtonia filifera

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Clinostigma sp. 

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Sagou femelle

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Stevia rebaudiana aux feuilles subtilement sucrées

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Après l’apéritif, direction Croc Parc dans la forêt de l’Étang-Salé pour le déjeuner. Le repas, pique-nique ou « salades-sandwiches » pris au snack de Croc Parc, suivi d'une distribution attentionnée de chocolats en ce lundi pascal par Joël, nous reposera un peu avant la visite du parc connu pour ses 165 crocodiles du Nil, mais pas forcément déjà visité par ceux qui n'ont pas de jeunes enfants ! Là aussi quelques plantes signalées par des panneaux en bois nous rapprochent du monde végétal : cordyline, pervenche et arbre du voyageur de Madagascar, arbre ombrelle (Araliaceae), Agave attenuata «col de cygne», Euphorbiacée arborescente « Bois de lait », Bois de senteur blanc endémique de la Réunion, tulipier du Gabon, frangipanier, ylang ylang, Albizia lebbeck, hibiscus, filaos taillés en parasols à côté des bancs en bois pour amoureux en forme de crocodiles, rougailler aux feuilles en bol pour présenter les rougails naturellement ("La moque" = récipient en créole, Polyscias scutellaria), baie-rose, bambous, jamblon, rince-bouteilles, tamarin de l'Inde, pommier-cajou, caoutchouc des jardins, pandanus, sisal, choca vert,… et tout de même un palmier des Mascareignes, le palmier bonbonne Hyophorbe lagenicaulis.

 

Le parc présente des petits aquariums d'eau douce, une grande volière avec des volailles d'élevage de diverses races anciennes, un poney un peu perdu dans son enclos, des panneaux de documents ONF sur insectes, araignées, lézards verts et oiseaux de la Réunion, des stands de vente de souvenirs près des aires de jeux pour enfants, des manèges, un trampoline, une mini-ferme et un mini-golf. Un bassin aux Grottes avec quelques nénuphars nous attire moins que le grand bassin Jo Dundee et ses 70 Crocodiles du Nil Crocodylus niloticus, tous des mâles âgés de 6 à 8 ans. Leur taille atteint 6 mètres de long, voire davantage, leur durée de vie pouvant dépasser le siècle mais rarement dans la nature tant ils sont encore pourchassés. Le parc ne faisant pas leur élevage, les femelles restent séparées des mâles dans les trois autres bassins. Les oeufs des nids creusés près des rives des cours d'eau africains et malgaches ont la particularité de donner naissance à des femelles ou à des mâles, selon la température

 

Par chance les crocodiles mâles sont nourris en ce lundi férié, car ils le sont habituellement seulement les mercredis et dimanches. Le spectacle est autant dans l'enclos que derrière les grillages tant les spectateurs sont étonnés par le courage du gardien éloignant des dizaines de crocodiles de grande taille avec une simple barre de métal de 1,50 mètres de long pour accéder aux points de nourrissage. Les visages effrayés par le claquement des puissantes mâchoires se refermant sur les morceaux de viande lancés ou tenus en main au dessus des crocodiles attirent mon attention autant que le nourrissage en lui-même ! Quelques dents perdues, mais déjà remplacées chez ces reptiles issus tout droit de la préhistoire, sont offertes au public ravi. Bernard toujours dans son rôle de guide pour la journée m'aura même réservé une ouverture dans le grillage pour photographier ce repas insolite.

 

Avant le retour Bernard nous propose encore une courte visite du sentier ONF proche du parc et aménagé par des fonds de la Région au titre de mesures compensatoires consécutives à l'impact environnemental de la Route des Tamarins ; une coulée verte forestière part du rond point Jardin d'Oiseaux à l'Étang-Salé-les-Hauts et mène au stade (2 km) ou au camping d'Étang-Salé-les-Bains (3,1 km). Le terrain stabilisé permet, selon la piste, équitation, marche à pied ou bicyclette à travers la forêt sèche de l'Étang-Salé enrichie de plantations paysagères d'endémiques et agrémentée de bancs, fontaines et panneaux de signalisation.

 

Il nous vient l’envie de parcourir tout le sentier mais ce sera pour un autre jour tant la satisfaction des visites du jardin et du parc nous aura déjà comblés, et la fatigue commence aussi à se faire sentir. Un très grand merci à Christine et Bernard pour leur accueil si chaleureux et pour l'organisation de cette journée fériée au cours de laquelle nous n’aurons eu qu’à écouter, nous laisser guider, et profiter de la richesse des commentaires de notre intarissable guide Bernard. Un grand bravo et merci !

 

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Aquarium et vitrines didactiques

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Arbre ombrelle Brassaia actinophylla

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Agave attenuata

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Arbre du voyageur Ravenala madagascariensis

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Albizia lebbeck, bois noir des bas

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Hibiscus sp.

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Bancs en forme de crocodile dans le parc

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Rougailler appelé "pied de bol" ou "La moque" = récipient en créole, Polyscias scutellaria

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Aire de jeux pour les enfants

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Oiseau bellier Ploceus cucullatus spilonotus

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Mini ferme

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Filaos taillés en parasol

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Les crocodiles du Nil Crocodylus niloticus et le soigneur à l'heure du déjeuner 

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Un crocodile se propulse hors de l'eau pour attraper un morceau de carcasse de poulet

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Bouche ouverte pour se refraîchir par évaporation d'humidité et maintenir la température du corps à 32°

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Les crocodiles ont entre 60 et 70 dents qui tombent souvent et sont rapidement remplacées

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Sentier ONF et piste cyclable à proximité de Croc Parc

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Sortie chez Joseph Damour

 

Par Jean-Marc BURGLIN

 

 

 

La journée ensoleillée du dimanche 2 novembre 2008 débute par une sortie dans la forêt située au-dessus de la table d'hôte le Pinpin d'Amour non loin de Saint-Philippe. Monsieur Joseph DAMOUR nous attend au cœur de «sa forêt» dans la Ravine du Baril, à environ 350 mètres d'altitude.

 

Avec l'aide de sa femme il a, depuis près de 20 ans, planté laborieusement des jeunes palmistes sur une dizaine d'hectares de forêt difficile d'accès. Sous couvert forestier il faut compter une douzaine d'années pour récolter un chou alors que plus bas en pleine lumière l’attente est deux fois moins longue ! Joseph cultive également de la vanille dans sa forêt.

 

Nous empruntons un étroit sentier en pente sous la dense canopée, appréciant la beauté d’une nature vierge et sauvage, bien loin de la civilisation… Sur le parcours, un jamrosa (Sysygium jambos), espèce envahissante, se pare de jolies fleurs et présente l’étonnante singularité d’une branche étranglée par une autre branche.

 

Nous croisons un petit natte qui, malgré son nom, atteint une belle taille et un vacoa de forêt qui ne serait ni celui des bas (Pandanus utilis) que Monsieur DAMOUR a cuisiné sous diverses formes, ni l'espèce Pandanus montanus des hauts. Plusieurs bigaradiers (Citrus aurantium) introduits poussent à l’état sauvage et les fruits sont comme des oranges, mais bien plus acides et amers ; nous en goûterons à midi en punch apéritif, nous contentant pour le moment du parfum agréablement citronné des feuilles froissées.

 

Les vues sur la ravine sont à couper le souffle, et notre guide, qui connaît parfaitement sa forêt, nous conduit en redescendant sur nos pas sur un étonnant chemin muletier ombragé retenu par d'imposants murets. Il s’agit de traces encore bien visibles d'un passé de travail, sans doute un peu forcé et réalisé par des malgaches, entre autres, dans les années 1830... Fougères arborescentes ainsi qu'Orchis bulbophyllum font partie de ce décor encore imprégné d'histoire...

 

Nous arrivons dans les plantations de palmistes rouges sur des terrains défrichés partiellement il y a une douzaine d’années. Le palmiste rouge Acanthophoenix rubra, endémique des Mascareignes, a disparu des forêts des bas tant son cœur a été recherché. Mais il subsisterait encore à l'état naturel dans quelques remparts et pentes inaccessibles ! Les nombreuses épines, visibles sur le stipe des jeunes sujets, disparaissent généralement à l’âge adulte. La hauteur peut atteindre 15 mètres et la belle touffe de feuilles vertes, légèrement bleutées sur le revers, forme un élégant panache.

 

Monsieur DAMOUR nous fait la démonstration de son habileté à récolter les cœurs de palmistes destinés à notre repas de midi, cela non sans un petit pincement au cœur car il s’agit du sacrifice de palmiers dont certains atteignent l’âge vénérable de 18 ans ! À retenir que le cœur est plus long ici en altitude que dans les bas (70 centimètres contre 50), un moyen de reconnaître la provenance en cas de vols.

 

En quelques coups de machette le cœur est prêt, les palmes coupées serviront d'engrais naturel sur le sol et une marque personnelle sur le pied permettra de reconnaître d'éventuelles coupes faites par des voleurs et d'accélérer le pourrissement du reliquat de stipe.

 

Les quatre cœurs coupés seront servis en salade tout à l'heure aux 15 personnes du groupe. Monsieur DAMOUR a également récolté des gousses de vanille encore vertes, les fleurs avaient été fécondées manuellement par ses soins l'an dernier. Il nous montre sur le terrain l'abri en tôles servant aux repas pris loin de la maison...

 

Sur le retour, dernière belle vue plongeante sur l'océan et sur les vacoas Pandanus utilis avant de rejoindre la table d’hôte du Pinpin d’Amour. Sur place ont été préparés des apéritifs accompagnés d'achards de cœur de vacoas et de beignets de songe.

 

Nous dégustons ensuite la fameuse salade de palmiste ainsi que celle de chou de vacoas. Le fruit du vacoa cuit, qui rappelle un peu la pomme de terre, est servi en cari et nous le retrouvons encore au dessert avec des petits morceaux confits posés sur un flan à la patate douce...

 

Monsieur DAMOUR est intarissable lorsqu'il évoque sa découverte des préparations culinaires de vacoas, et n’est pas peu fier aujourd’hui de la reconnaissance des qualités gastronomiques de ce fruit que d’aucuns mettaient en doute autrefois.

 

Tout dans le décor des lieux évoque le vacoa, avec des objets tressés de toutes sortes, des fruits énormes (un pinpin peut peser 8 kilogrammes et le bout des graines se suce comme l'artichaut à la vinaigrette), des affiches sur la fête du vacoa, des articles de journaux et documents retraçant tout l'historique des nombreuses préparations culinaires à base de vacoa : salade et céleri de pinpin, poulet au pinpin, gratin de pinpin, etc...

 

Monsieur Pinpin est un véritable inventeur qui en outre sait, avec sa famille et ses aides, parfaitement recevoir ses hôtes. La prochaine fois, c'est promis, je resterai deux jours pour profiter également du gîte ! 

 

 

Sentier en pente vers la forêt de Joseph DAMOUR

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Grands palmistes rouges support de vanille

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Vanillier Vanilla planifolia en fleurs

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Autre orchidée, orchis Bulbophyllum sp.

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Jamrosat Syzygium jambos, espèce envahissante à belles fleurs 

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Plantation de palmistes rouges Acanthophoenix rubra de Joseph DAMOUR

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Récolte et nettoyage de chou de palmiste rouge pour notre repas de midi

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Transport des choux de palmistes par Richard MARXER

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Vue sur le littoral et les vacoas Pandanus utilis pour la récolte des choux en contrebas

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Table d'hôte Le Pinpin d'Amour

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Joseph DAMOUR, Marie-Claude et Richard MARXER, les entrées et apéritifs, à droite le Rhum bigarade 

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Salade de coeur de palmiste rouge

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Salade de chou de vacoa

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Dessert: pinpin confit sur flan à la patate douce 

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                Visite du Domaine de Palmahoutoff

 

Par Jean-Marc BURGLIN

 

 

 

Avant de fêter le «vin désanm», anniversaire de l'abolition de l'esclavagisme en 1848, rendez-vous était donné en cet après-midi du 20 décembre 2008 à la Ravine des Cabris chez Thierry HUBERT, Président de Palmeraie-Union, pour la visite de son domaine de Palmahoutoff abritant la plus importante collection de palmiers plantés de la Réunion : environ 1000 sujets et quelques 300 espèces...

 

Le nom Palmahoutoff provient de la contraction de «PALMIER» et de «Nil HAHOUTOFF» nom d'un maître de Yoga, art de vivre qu’affectionne Thierry. Un petit local destiné à son enseignement est édifié sur la propriété (voir l'article d'Isabelle SPECHT dans le compte-rendu de la visite du 15 décembre 2007, Latania numéro 19)

 

La belle maison d'habitation de style créole construite il y a une vingtaine d'années a été précédée sur le terrain par la plantation de nombreux fruitiers et déjà… de palmiers. Les sujets les plus âgés ont plus de 20 ans, dont un imposant talipot Corypha utan de belle taille. Ce palmier peut atteindre 25 mètres de haut et, curiosité botanique, porte une inflorescence terminale de plus de 6 mètres de longueur chargée de dizaines de milliers de fleurs blanches, un record dans le règne végétal. Une fois les milliers de fruits tombés le palmier meurt, totalement épuisé...

 

Le jardin, ceint d’une haie de bambous récemment remplacée par un mur, couvrait à l’origine une surface de 13 000 mètres carrés. Une partie du domaine a depuis été convertie en immobilier en raison du poids financier de l’entretien.

 

Parmi les divers palmiers et autres plantes rares ou endémiques décrites par le maître des lieux lors de notre visite, les sujets les plus remarquables ont été appréciés pour leur beauté, leurs formes ou leurs couleurs.

 

Le gros dattier des Canaries Phoenix canariensis surprend par un stipe joliment paré de diverses fougères et autres philodendrons.

 

Son voisin, Dypsis leptocheilospalmier peluche ou ourson à la gaine foliaire rougeâtre, cotonneuse et douce au toucher, n'a pas été retrouvé dans son milieu d'origine de l'ouest malgache mais décrit à partir d'un spécimen poussant à Tahiti... Devant la maison, les palmiers bonbonne, Hyophorbe lagenicaulis de l’île Ronde mauricienne, ont perdu avec l'âge la forme typique de la célèbre bouteille de soda. Ils peuvent s'hybrider avec le palmier bobine (ou bouteille) de l'île Rodrigues, Hyophorbe verschaffeltii.

 

Peu d'espèces de palmiers présentent des feuilles entières comme le latanier-latte des Seychelles, Vershaffeltia splendida, dont l’attribut latin est évocateur de beauté. Ses racines adventives aériennes lui donnent l'aspect curieux d’un arbre sur échasses et les jeunes sujets sont très épineux. Un autre palmier des Seychelles, le latanier hauban, Roscheria melanochaetesprésente de belles feuilles pennées et est très délicat à cultiver.

 

Plus loin, un Pritchardia pacificalatanier du Pacifique à grandes feuilles palmées presque entières, supporte le plein soleil dès son plus jeune âge.

 

Les palmistes rouges des bas Acanthophoenix rubra ont étéplantés en grand nombre en bordure du terrain en spéculant sur une consommation occasionnelle de leur chou délicieux. L'espèce proche, Acanthophoenix crinita « palmiste rouge des hauts » ou « palmiste noir », très épineux lorsqu’il est jeune, est aussi prisé pour son chou. On le trouve jusqu'à 2000 mètres d'altitude à la Réunion.

 

Autre palmier local visible sur le domaine, le palmiste blanc Dictyosperma album qui est devenu très rare dans la nature, car recherché lui aussi pour son chou. La lance (la feuille avant son ouverture), bien dressée verticalement au sommet de la plante, est caractéristique de l'espèce qui peut atteindre 25 mètres de hauteur. Pliant sans rompre sous l’assaut des vents cycloniques, le palmiste blanc porte bien son nom anglais « Hurricane Palm », soit littéralement « palmier-cyclone ».

 

Installé en plein soleil, Aiphanes aculeata (rebaptisé récemment Aiphanes horrida), est un palmier particulièrement « redoutable » car le stipe et les feuilles sont entièrement recouverts d'épines, ce qui lui vaut le surnom de palmier hérisson.

 

Onze des 50 espèces du genre Coccothrinax originaires des Antilles et également de Cuba poussent dans la propriété. Le palmier rouge à lèvres, Cyrtostachys renda,sorte de multipliant étonne par la couleur orange à rouge vif des rachis et bases pétiolaires; venant du sud-est asiatique, il est de culture difficile hors des régions équatoriales très humides.

 

Autre originalité, cette fois du sud du Brésil, Butia capitata le palmier abricot dont le fruit contient une pulpe douce et sucrée, parfois un peu acide, base de préparation d'une gelée au goût d'ananas ou d'abricot... Plus proche de la Réunion, le latanier jaune Latania verschaffeltii est devenu rare dans son milieu d'origine, l'île de Rodrigues.

 

Les débris végétaux s’accumulant dans la base relictuelle des anciennes feuilles du palmier à huile Elaeis guineensis se transforment en humus favorisant la croissance de fougères, d’arbustes comme un Schefflera, et même d’un ficus étrangleur de belle taille déjà ! Kerriodoxa elegans, un palmier de Thaïlande, a la particularité d'avoir le dessous des feuilles blanc, et Phoenicophorium borsigianum, latanier feuille forestier endémique des Seychelles, a des feuilles entières arquées de plus de deux mètres de longueur.

 

Autre merveille, le palmier Joé, diminutif du nom si compliqué de Johannesteijsmannia altifrons, développe de très belles feuilles entières plissées en accordéon et en forme de losange. Originaire de Thaïlande et Malaisie, il aime l'ombre et est très peu fréquent en culture car ses graines sont rarement disponibles dans le commerce. Licuala grandis du Vanuatu, sujet forestier de petite taille est un autre palmier à belle feuille entière se dépliant en accordéon.

 

L'aréquier Areca catechu donne de gros fruits à noix que l'on mastique dans toute l'Asie pour leur effet stimulant tandis que le palmier à sucre Arenga pinnat venant des zones humides d'Asie contient une sève récoltée en coupant les inflorescences, de laquelle on peut extraire du sucre. Ses fruits, riches en cristaux d'oxalates très irritants, ont besoin de plus de trois années pour atteindre leur maturité. Le cousin, Arenga undulatifoliaest ainsi nommé en raison de la forme ondulée très décorative des feuilles.

 

Le palmier de MacArthur, Ptychosperma macarthurii, palmier cespiteux (poussant en touffes) a des folioles découpées comme si elles avaient été grignotées par des insectes. Plus loin on observe un autre palmier cespiteux, qui plus est en floraison; il s’agit du palmiste açaï «Pinot» Euterpe oleracea des rives de cours d'eau guyanais. Il y est cultivé pour son cœur, le prélèvement de celui-ci ne tuant pas la plante qui produit des rejets dont la croissance est rapide.

 

Pigafetta filaris présente la croissance observée de loin la plus rapide, pensez donc : planté il y a tout juste 5 ans il atteint aujourd’hui 10 mètres de haut, soit une élévation moyenne de 2 mètres tous les ans !!! Il deviendra un géant de près de 50 mètres de hauteur et les épines qui le couvrent sont très décoratives ; il est recherché par les colonies de tisserins gendarmes «oiseaux belliers» qui y tissent leurs nids, faisant de même dans Caryota urens. Caryota no vu en fin de parcours peut dépasser 50 mètres lui aussi ; il est devenu rare dans son milieu naturel à Bornéo en raison de son chou réputé délicieux. 

 

Archontophoenix alexandrae est un palmier australien dont le dessous des feuilles est blanchâtre, et Chambeyronia macrocarpa de Nouvelle-Calédonie ouvre de jeunes feuilles à la coloration rouge étonnante. Un Washingtonia robusta bien développé est déjà paré d'une imposante «jupe» formée par les anciennes feuilles sèches restées accrochées au stipe.

 

Autres palmiers américains situés à proximité : le Sabal bermudana largement planté en décoration, et le coco-nain Syagrus amara à petite noix au liquide piquant. Ils côtoient l'endémique malgache Bismarckia nobilis aux feuilles bleutées en éventail et l'africain Raphia farinifera des milieux humides dont les feuilles peuvent atteindre des records de longueur avec plus de 20 mètres.

 

L’impressionnante série de palmiers s’achève avec le rare palmier fenêtre à feuilles ajourées Beccariophoenix madagascariensis de l'est malgache et Copernicia prunifera (anciennement C. cerifera), palmier à cire du Brésil donnant lieu à un important commerce de cire de carnauba, nom d'une population indigène locale. La cire des feuilles est récoltée par battage pour confectionner bougies, produits cosmétiques et additifs alimentaires.

 

Une telle richesse et diversité de palmiers ferait presque oublier les autres plantes remarquables du domaine de Palmahoutoff. Impossible de les citer toutes! Un cacaoyer, Theobroma cacao, attire les regards avec ses cabosses rouges vif poussant en nombre sur le tronc (cauliflorie).

 

Tous les visiteurs sont émerveillés par la rare floraison blanche du Clusia, de toute beauté...Plus discrète est la floraison du caféier indigène de la Réunion Coffea mauritiana... Le bois d'éponge, Gastonia cutispongia à feuilles en forme de coupe a presque disparu de la nature réunionnaise, ainsi que le bois puant, Foetidia mauritiana contenant une huile exhalant une désagréable odeur. Son bois est pratiquement imputrescible et sa fleur blanche mellifère est magnifique.

 

Les bois d'olive pays, noir ou blanc, appartiennent à la famille des Oléacées mais ne produisent pas d'olives comestibles. Moins rare et comportant deux espèces lui aussi, le tan rouge donne un miel réputé, le mythique « miel vert ».

 

Également appréciés pour leur caractère décoratif au milieu de tous les palmiers : les bananiers fleurs Musa velutina et Musa ornata, les frangipaniers à fleurs odorantes de différentes formes et couleurs, des broméliacées, une asperge arbustive Asparagus sp., Heliconia caribaea balisier des Caraïbes à fleurs dressées et Heliconia rostrata à fleurs retombantes.

 

Costus ananassae, la Reine de Malaisie, aux fleurs rouges en forme d’ananas sortant du sol, est installée en zone humide près du bassin aux nénuphars et poissons. Plus au sec, cactées en cierge, Agave attenuata à feuilles élégantes sans épines et, parmi les malgaches, didiéracées, Pachypodium, Moringa drouhardii,...

 

Enfin, des plantes ressemblant aux palmiers et qui ne peuvent passer inaperçues, les grands vacoas, Pandanus utilis à racines aériennes en échasses, un Pandanus sp. brisé par le cyclone Dina mais qui survit par ses rejets, et des cycadacées, Cycas revoluta et autres espèces complètent une collection d'une extrême richesse, fruit du travail patient et constant d'un passionné !

 

L'après-midi se termine comme de coutume autour d'une table garnie de cakes et autres délices pour le palais, accompagnés de jus de fruits et de thés variés sous le regard envieux des deux chiens. Devant une belle statue de Bouddha debout, les échanges et discussions dans ce cadre idyllique terminent de façon plus qu’agréable cette visite, et tournent, entre autres, autour de l'histoire des 10 années d’existence de l'association Palmeraie-Union.

 

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Floraison rarissime et magnifique de Clusia rosea de la famille des Guttiferacées provenant des Antilles, Panama et Venezuela

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Aiphanes aculeata "palmier hérisson" aux feuilles et stipe entièrement recouverts d'épines 

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Cyrtostachys renda le "palmier rouge à lèvres" qui a donné lieu à la confusion suivante lors d'une conversation entre deux palmophiles de sexe masculin:

« Tu as aussi un rouge à lèvres chez toi ? » - Étonnement de la nouvelle adhérente qui se pose des questions, mais celle-ci apprendra vite que la conversation porte en fait sur le palmier dit « rouge à lèvres » Cyrtostachys renda !

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Vue sur une partie du Domaine de Palmahoutoff avec au centre Pandanus sanderi (Moluques, Polynésie) au feuillage bicolore du plus bel effet

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Licuala grandis

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Arenga pinnata, fruits à maturité au bout de trois ans

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Les rougeoyantes cabosses du cacaoyer Theobroma cacao

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Racines aériennes de Phoenicophorium borsigianum

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Belle coloration de dessous de feuillage

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Foetida mauritiana

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La toujours aussi belle fleur de Heliconia rostrata avec ses couleurs fluo

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En fin de visite, table garnie de douceurs et boissons

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Les Jardins de Manapany

 

Par Jean-Marc BURGLIN

 

 

 

Dimanche 5 octobre 2008, je participe à ma première sortie de l'association Palmeraie-Union ; visite de trois jardins privés à Manapany, une opportunité idéale pour pénétrer des petits paradis privés et rapporter quelques photos de végétaux que mes notes m'aideront à reconnaître dans le secret espoir d'en retenir, mais il y en a tant... Étonnante la ponctualité, dès l'heure prévue nous nous dirigeons vers le premier jardin, celui de Jean-Pierre DELLEZAY, en nous divisant en deux groupes.

 

La concentration de plantes de rareté plus ou moins grande impressionne dans ce jardin, comme dans les suivants d'ailleurs ! Sur des pentes du terrain aménagé en plates- formes, une foison d'espèces de palmiers et autres végétaux sur 1200m2. Les commentaires éclairés enrichissent rapidement mes maigres connaissances; les palmiers que je prenais pour Washingtonia filifera en raison des longs fils aux palmes sont, à la Réunion, majoritairement des Washingtonia robusta. Cette espèce s'en distingue par des teintes brun-rouge sur le rachis des palmes et sur les épines, une couleur café arabica pour que je retienne la différence!

 

La poursuite de la découverte des palmiers du jardin révèle une grande variété d’espèces sur une surface si petite, certaines aux noms un peu barbares pour le néophyte que je suis, bien plus familiarisé avec le peu d'espèces sylvicoles de son ancien terrain de chasse photographique en métropole! Latanier de Chine Livistona chinensisaux palmes pendantes comme le saule dit pleureur,... 


 

... ni Ravenea musicalis poussant lui uniquement dans l’eau (un seul site connu, près de Fort-Dauphin aussi), Pritchardia pacifica introuvable dans mes index , tant les espèces sont nombreuses... Joe Palm Johannesteijsmannia altifrons (pas simple à mémoriser!) demandant beaucoup d'eau comme sous les orages quotidiens de Kuala Lumpur, palmier rouge à lèvres Cyrtostachys renda, l'équivalent asiatique du multipliant malgache, palmier-céleri Caryotamitis à feuilles en queue de poisson, autre asiatique, Arenga caudataNon loin du latanier bleu de l'île Maurice Latania loddigesii à teintes rouges bleutées selon la lumière, le palmier trièdre du Sud-Est malgache Dypsis decaryi... liste non exhaustive bien entendu, ayant du mal à suivre en photos avec prise de notes de tant de palmiers, à en oublier de citer le magnifique Pachypodium lamerei, le benjoin, le cactus cierge Cereus repandus à fruits consommés en saison, les Agave attenuataOu le Moringa arbre «mourongue» sans doute drouhardii de Madagascar à tronc bouteille déjà bien formé... La visite se termine autour d'une boisson et de douceurs.

 

Jardin de Jean-Pierre DELLEZAY, vue sur l'océan

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Sorte de buis odorant 

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Washingtonia robusta

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Thrinax radiata 

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L'arbre du voyageur Ravenala madagascariensis à la géométrie si parfaite 

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Second jardin, celui de Philippe DE VOS. Sur le chemin, une belle Liane de Jade avec son Merle de Maurice le mal aimé pourtant si beau. Là aussi, une foison de plantes d'origines diverses et cohabitant sans problèmes, une rapidité de croissance incroyable due au climat de Manapany et/ou à la main verte du jardinier; à peine mises en terre que déjà imposantes alors que chez d'autres rien à faire, elles végètent... On change un peu des palmiers avec des essences locales et autres dont la liste sera elle aussi éloquente : bois puant (Foetidia mauritiana) avec phénomène d'hétérophyllie, feuilles adultes différentes des juvéniles, vanille, plantes carnivores américaines que je prenais pour des Nepenthes et qui n'ont rien à voir, ce sont des Saracenia leucophylla à côté d'autres carnivores Drosera sur milieu tourbeux humide d'un bassin, vacoas Pandanus sp. de Madagascar, Bauhinia galpinia à fleurs roses magnifiques, « arbre orchidée » mais espèce venant d'Afrique du Sud, bois d'ortie, Pachypodium rutenbergianum de l'ouest malgache, Cordyline, Turnera, ylang-ylang nain vendu en jardinerie et au parfum aussi fin que celui du grand, bois d'huile, une sorte de coca, Trochetia blackburniana avec sa fleur emblème de l'île sœur, bois de sable (hétérophyllie), passiflore barbadine, arbre noix de macadamia donnant des noix à la coque aussi dure que le goût du contenu est fin, corossol, érythrine sans feuilles en fin d'«hiver» donnant de magnifiques fleurs rouges, Strelitzia nicolai ressemblant au Ravenala arbre du voyageur et de la même famille, orchidées malgaches et mahoraises rares, tortues radiées malgaches et de Dakar, j'en oublierai presque les Palmiers !

 

Le palmier pêche ou pejibaye Bactris Gasipaes déjà observé dans le jardin précédent a également un cœur comestible mais d’une saveur moins fine que celle de notre Palmiste. Par contre étant cespiteux, il a la faculté de ne pas mourir après la récolte en formant de nouveaux stipes, de croissance très rapide comme il se doit à Manapany où certains regrettent de ne pas y avoir leur jardin... Roystonea regia le palmier royal de Cuba et surtout le cocotier auraient les cœurs les plus fins au niveau gastronomique... Dypsis fibrosa du groupe «Vonitra» de l'est malgache, Thrinax exelsa, Phoenix roebellini, Licuala grandis, Acoelorrhaphe wrightii multipliant d'Amérique, palmiers à échasses, Dypsis sp. de Madagascar, Trachycarpus fortunei, Carludovica palmata à bouts de feuilles toujours plissées, Coccothrinax crinita à fibres sur le stipe,... La visite se termine là aussi autour d'une boisson et de douceurs dont bien entendu les petits gâteaux « Cœurs de Palmiers » !

 

Jardin de Philippe DE VOS

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Dypsis fibrosa

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Aloe sp. de Mayotte

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Fleur parfumée d'Ylang-Ylang Cananga odorata, variété naine

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Carludovica palmata qui n'est pas un palmier mais une Cyclanthaceae et dont on fait les célèbres chapeaux panama en Equateur

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Strelitzia nicolai

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Barbadine Passiflora quadrangularis, la fleur montre bien qu'elle est de la famille des Passifloraceae, elle n'est donc pas une cucurbitacée et son fruit a la saveur de la grenadille

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Un bel exemple d'hétérophyllie, feuilles jeunes puis adultes du bois de sable Indigofera ammoxyllum endémique de la Réunion, de la famille des légumineuses

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Sarracenia leucophylla plante carnivore américaine de la famille des Sarraceniaceae

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Drosera sp., autre plante carnivore, 188 espèces surtout dans l'hémisphère Sud, seulement 3 espèces en Europe

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Mathurina pendulifolia, une endémique rare de Rodrigues

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Trochetia blackburniana, fleur emblème de l'île Maurice 

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Dernier jardin dans un gîte dont je retiendrai l'adresse pour de futurs visiteurs venant de métropole, chez Michel GIACOMINO qui loue des bungalows de tourisme. Décor idyllique, arbres de belle taille avec même précisée leur date de plantation; Roystonea regia palmier royal des plus décoratifs, Grevillea en fleurs, Ravinsara épice malgache, Jamalac poire d'eau issue du semis d'une graine de Malaisie, niaouli Melaleuca quinquenervia, Myrtacée comme l'eucalyptus mais à l'écorce épaisse et spongieuse, planté en zones humides (Étang de Saint-Paul), liane entourant un pistachier, Dracaena taillé avec rejets, Broméliacées, Zamia... Bismarkia nobilis né en 2001, très grand palmier Raphia farinifera aux feuilles pouvant atteindre la longueur record de 20 mètres, planté en 1982, beau palmier des Seychelles Verschaffeltia splendida qui mérite bien son qualificatif «splendida», né en 1997... Le jeune neveu du propriétaire propose à la vente des jeunes plants que sa main verte a fait naître, palmiers et Jatropha podagrica, tandis qu'aux portes de la magnifique demeure on peut consulter le très beau livre de cuisine rédigé par le maître des lieux «Balade gourmande en terroir réunionnais» des Disciples d'Auguste Escoffier aux éditions Orphie.

 

Le groupe se retrouve pour terminer la matinée autour d'un pique-nique gastronomique, chacun ayant ses spécialités à faire partager, dans le très beau décor en bord de mer de Manapany sous les ruines de l'ancien four à chaux... L'après-midi permet de passer à la bourse aux plantes organisée à l’occasion de la «Journée des Plantes de Manapany», de bien observer le lézard vert de Manapany, un gecko endémique Phelsuma inexpectata visible autour et dans la salle même où Monsieur Jean-Louis AURY, géologue, propose une conférence sur les richesses naturelles de Manapany...

 

Une des belles allées du jardin de Michel GIACOMINO qui invite à s'immerger dans l'ambiance végétale

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Michel GIACOMINO à droite

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Mur végétalisé

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Ravensara aromatica, une lauracée malgache utilisée en cuisine comme le "quatre épices" et dont on extrait une huile essentielle

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Zamia

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Broméliacée en fleurs

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Hyophorbe lagenicaulis de l'Ile Ronde

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La plage de Manapany-les-Bains

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Livre écrit par Michel GIACOMINO

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Exposition de bijoux en graines dans la salle commnale voisine

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